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Tous les témoignages

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Catherine : ''même dans les moments les plus difficiles, il ne faut jamais perdre espoir !''

Parcours de relogement

Créée par les petits frères des Pauvres pour le logement des personnes de plus de 50 ans en situation de précarité, l'association «Champ Marie» est acteur de la médiation locative et contribue par son action auprès de partenaires bailleurs (publics, privés et ''Bersabée'') à l'insertion sociale et au mieux-être des personnes exclues. Retour sur ces parcours de re-logement avec aujourd'hui le témoignage de Catherine.

On dit toujours : «Cela n'arrive qu'aux autres !» et bien j'affirme que ce n'est pas vrai !

En ce qui me concerne, je viens de passer près de deux années pour le moins très éprouvantes avec comme bilan le fait que je suis maintenant handicapée à vie !

Après une pose de prothèse, suite à une fracture du col du fémur, opération « banale » de nos jours, je devais sortir du centre de rééducation au bout d'un mois, mais j'y suis restée 6 mois car lors de l'intervention le nerf crural (qui sert à la marche) m'avait été sectionné. L'assistante sociale du CHR où j'étais m'a fait rencontrer Sabine et Farid de l'Association Champ Marie assez rapidement afin d'envisager mon avenir… car à ce moment-là, j'avais tout perdu, travail, logement, ressources, amis…

Etant obligée de « laisser ma place, c'est-à-dire le lit… » au CHR, l'assistante sociale m'a fait intégrer le foyer CHRS Réalité où je suis restée plus d'un an et demi. Je profite de l'occasion qui m'est donnée d'écrire cet article pour remercier les encadrants de ce foyer, et tout spécialement ma référente Christine (qui m'a été d'un très grand réconfort) ainsi que Julie, Estelle, Olivier, Capucine, Sarah, Leila et les autres… qui ne m'ont jamais laissé tomber.

... le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai eu depuis des années !

Sabine et Farid m'ont accompagnée pendant tout mon séjour, aidée à préparer mon dossier en vue d'un relogement et à me soutenir psychologiquement. Il a fallu attendre que je sois devenue plus autonome et « marcher » sans attelle afin d'envisager de déposer un éventuel dossier. Avant les fêtes de fin d'année 2011, Sabine m'a fait rencontrer une responsable de l'Agence d'LMH Wazemmes, qui m'a annoncé que mon dossier serait examiné en commission le 26 janvier 2012.
Le 27 janvier 2012, Sabine m'annonçait que le logement m'était attribué ! Mon anniversaire était le 29 janvier et je peux dire que ce fut le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai eu depuis des années !

Sabine et Farid continuent à me suivre et ce ne sont pas que de simples « interlocuteurs » au sein de Champ Marie mais des personnes admirables, sensibles, attentives, sérieuses que j'ai et que j'aurais toujours dans mon coeur. Grâce à eux, je profite chaque jour de la chance énorme qui m'a été donnée de les connaître, d'avoir un logement et enfin de REVIVRE, et malgré mon handicap définitif et le regard des « autres », de retrouver la vie normale. Merci, merci, merci...  Je n'oublierai jamais, et surtout ne me laissez pas tomber !

Catherine | Lettre d'information Champ Marie N°20 | avril 2012

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''Ma première journée d’accompagnement à Chanoinesse'', par Gaëtan

''Pour cette première,  j’étais un peu stressé sans savoir pourquoi, mais Ginette et Jean-Baptiste m’ont tout de suite mis à l’aise. La journée débute avec l’arrivée du chauffeur à l’implantation d’Ivry, les présentations se font avant le départ pour Vitry pour aller récupérer Danielle et Thierry qui nous attendaient avec impatience. C’était la première fois que je rencontrais Thierry et Danielle, une femme dévouée et souriante qui s’occupe à merveille de son fils.  Les présentations se font chaleureusement, je remarque que Thierry est un peu timide voire distant mais, une fois dans le minibus, Thierry intervient suite à une discussion autour de la musique entre Jean-Baptiste et moi, pour nous faires part, lui aussi, de ses gouts musicaux. C’est à ce moment là que j’ai découvert la personnalité de Thierry: un homme timide, intelligent, respectueux, touché par la maladie d’Alzheimer mais tout à fait conscient de ce qu’il dit.

Arrivé à Villejuif, notre 2èmeétape, j’étais impatient de découvrir qui se cachait derrière cette chère Monique dont tout le monde parle à l’implantation et j’ai découvert une petite dame souriante et joyeuse qui croque la vie. Puis ce fut l’arrivée à destination : Chanoinesse. Bel accueil, les présentations se font également avec l’équipe qui nous installe, d’autres implantions des petits frères et leurs personnes âgés nous rejoignent, on peut passer à table.

Durant le repas, Monique (accompagnée) et Ginette (bénévole responsable de la sortie) tiennent la conversation où on rit beaucoup et Thierry s’ouvre petit à petit et découvre un nouvel ami en la personne de Jean-Baptiste avec qui il découvre pleins de chose en commun. Très à l’aise,  il nous fait part de son projet pour l’informatique, à la fin du repas. Avant de conclure, un invité de marque se joint à nous pour nous faire partager ses talents : Vincent Coppin, chanteur. Un bon moment qui en cache un autre : c’est à ce moment que Monique nous interprète une très belle chanson rendue célèbre par Fréhel (''la Java Bleue''), une prestation que nous retiendrons tous !

C’est la fin de la journée à Chanoinesse, un grand merci à l’équipe, aux cuistots pour le repas, à Vincent Coppin pour se moment de détente, aux bénévoles et surtout aux personnes âgées pour cette journée fraternelle et conviviale''

par Gaëtan, service civique chez les petits frères des Pauvres d'Ivry-sur-Seine

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Témoignage de Praniya, étudiante à l’U-PEC et bénévole chez les petits frères des Pauvres d’Ivry

Le 27/04/2012

Actuellement en première année de droit, j'ai choisi de m'investir dans un projet bénévole dans le cadre d'un partenariat entre l'association Les petits frères des Pauvres et notre université. Dolly et moi, nous avons choisi d’organiser un goûter au local pour les personnes accompagnées et les bénévoles.

Le 23 mars, le jour du goûter, les personnes âgées sont arrivées et l'accueil s’est fait timidement car j'ai ressenti un peu de méfiance de leur part ce qui est tout à fait normal car ils ne nous connaissent pas. Mais après quelques échanges de politesse, chacun se livre petit à petit : par exemple, nous avons parlé avec Ahmed et sa compagne des vacances,  mais aussi des études qu'ils ont faits… On en vient aussi à parler de plus choses plus personnelles : Francette, une des personnes âgées avec qui j'ai beaucoup parlé, m'a confié qu'elle se sentait très seule mais malgré tout elle n'en voulait pas à ces enfants et à ces petits-enfants car ils travaillent beaucoup. J'ai été ravie et contente qu'elle puisse avoir confiance en moi car elle s'est livrée d’elle-même.

Dans ces échanges, j'ai aussi parlé de moi sinon il n'y aurait pas eu de dialogue : ils m'ont rappelé mes grands-parents que j'ai jamais vu, à part sur les photos, car certains étaient morts avant ma naissance et d'autres quand j'étais enfant. Le fait d'être en contact avec les personnes âgées m'a rappelé ce manque mais qui s'est un peu estompé quand je parlais eux…

A table, les gâteaux préparés par Dolly ont eu un franc succès ! Puis, il y a eu un petit débat sur les senteurs que j'avais amené car Francette voulait absolument savoir le parfum mais je ne savais plus ! Chacun notre tour, on a essayé de deviner sans succès mais ce fut un moment joyeux ! Puis les discussions ont  fait place aux jeux, ce fût également un moment très agréable où on a tous bien rigolé.

Pour finir, le samedi 24 mars avait eu lieu la formation qui a clôturé notre participation à l'association. Le but était de confronter notre idéal d'aide avec la réalité des accompagnements vécus, d’acquérir des repères essentiels de la relation d'accompagnement et de prendre conscience de nos capacités et limites dans cette relation. Nadia, la formatrice a su nous apprendre des techniques pour appréhender au mieux ces échanges avec les personnes âgées tout en nous faisant participer, nous , étudiants.

Lavinia, notre tutrice chez les petits frères des Pauvres, nous a proposé de revenir faire un goûter, et j'envisage sérieusement d’en refaire un avec ma coéquipière Dolly : ce fût agréable de travailler avec elle, et, les bénévoles et les salariés de l'association ont été très chaleureux, à l'écoute et très sympathiques.

J'ai beaucoup appris sur moi, à m'ouvrir aux autres alors que je suis assez renfermée et réservée car cette expérience m'a donné confiance en moi. Au début, je me sentais gênée, j'appréhendai la réaction des uns et des autres par rapport à ce manque d'expérience mais tout au long de ce projet puis du goûter, je me suis sentie de plus en plus à l'aise.

Ce que j'aime, c'est ce partage qui est réciproque que ce soit avec les bénévoles ou avec les personnes âgées : cela peut se manifester par une simple parole ou bien tout simplement par un regard, un sourire, un geste amical.     

 

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Témoignage de Dolly, étudiante à l’U-PEC et bénévole chez les petits frères des Pauvres d’Ivry

Le 27/04/2012

Depuis de nombreuses années, je souhaitais m’investir dans un projet caritatif, qui puisse me permettre d’aller à la rencontre de personnes en difficultés. C’est pourquoi lorsque j’ai découvert qu’il nous était possible dans le cadre d’une option transversale avec  l’Université de nous investir avec l’association « les petits frères des Pauvres », il m’a semblé que le moment était venu de  me consacrer sérieusement à une action bénévole.

En m’investissant avec les petits frères des Pauvres, je souhaitais aller à la rencontre de personnes en grande précarité ou en situation d’isolement. Pour pouvoir partager avec eux quelques instants, être attentive à leur détresse et les réconforter si nécessaire.

Notre projet

Avec  Praniya, l'autre étudiante avec qui j’ai réalisé mon projet, nous avons décidés d’organiser une rencontre conviviale autour d’un goûter. 

Ainsi notre objectif était d’aller à la rencontre d’un certain nombre de personnes âgées en les invitant à se joindre à nous au local des petits frères des Pauvres (qui se situe à Ivry-Vitry) le temps d’une après midi.

Notre objectif était de convaincre des personnes que nous ne connaissions pas de venir passer un agréable instant en notre compagnie et celle d’autres bénévoles.

Mise en place

La mise en place du projet s’est faite en plusieurs étapes :

Nous avons rencontré Lavinia à diverses reprises pour élaborer notre projet : nous avons fixé la date et l’heure de la rencontre, nous avons passé en revue la liste des différentes personnes âgées et bénévoles que nous pourrions convier à « notre goûter de folie » (le nom que nous lui avons donné !) et nous avons établi un plan d’action pour la mise en place du goûter.

Lors des trois semaines qui précédèrent le goûter, nous avons envoyé une invitation aux bénévoles, et convié certaines personnes âgées au goûter.
Nous nous sommes chargées avec l’aide de bénévoles d’organiser le transport  des personnes âgées depuis leur domicile jusqu’au local des petits frères des Pauvres ; nous avons procédé aux différents achats nécessaires au goûter (gâteaux, boissons…) ; nous avons réfléchi aux différentes activités que nous allions proposer (jeux… ) ainsi qu’à la décoration du local…

La veille, j’ai élaboré les différents gâteaux que j’avais proposé de faire (flan, gâteau au chocolat).

Un Goûter de folie

Le 23 mars a donc eu lieu notre "Goûter de Folie". Nous avons ainsi fait la rencontre de nombreuses personnes  âgées telles que : Denise, Francette, Ahmed… Ce fut un agréable après midi, au cours duquel nous avons pu échanger avec ces personnes autour d’un café, ou encore d’une part de gâteau.

Je suis ravie d’avoir eu l’occasion de partager ces quelques instants avec ces personnes : j'ai découvert des personnes attendrissantes et leurs histoires personnelles m’ont touchée. Moi qui pensais m’engager dans une relation où il faudrait donner plus que recevoir, j’ai été surprise de voir à quel point cette expérience a été enrichissante.

J’ai trouvé que le goûter s’était déroulé à merveille, les personnes accompagnées semblaient ravies, nous nous sommes beaucoup divertis (grâce au bingo que nous avions organisé) mais ce fut aussi un temps propice au partage.

Il me semble que ma plus grande difficulté a été de ne pas trop m’impliquer dans les histoires personnelles de chacun, car écouter par exemple une dame m’expliquer que son mari qui avait fait de la recherche toute sa vie contre le cancer en était décédé a été difficile.

Je me suis sentie impuissante face à sa détresse et ne sachant comment réagir j’ai préféré changer de sujet de peur que cette conversation ne lui rappelle trop de mauvais souvenirs.

Mais avec le recul, et après avoir suivi une formation sur la relation d’accompagnement avec les petits frères des Pauvres, j’ai finalement réalisé que parfois une personne peut ressentir le besoin de dire ce qu’elle a sur le cœur et ce  même si cela risque de la rendre très triste.

Si c’étais à refaire et bien, je choisirai encore dans toute cette liste d’options proposées par l’Université, les petits frères des Pauvres, car ce fut une expérience très enrichissante.

C’est pourquoi j’ai fait part de mon intention de continuer à m’investir auprès des petits frères des Pauvres à Lavinia qui m’a gentiment proposé d’organiser d’autres goûters.

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Yves, bénévole en foyer Adoma. Une permanence bien chaleureuse !

Les petits frères des Pauvres au foyer Adoma de Villeurbanne

Yves, est bénévole chez les petits frères des Pauvres. Depuis 3 ans, il tient une permanence chaque jeudi au foyer Adoma de Villeurbanne. De nombreuses rencontres, parfois étonnantes, qu’Yves nous fait aujourd’hui partager. Témoignage.

Une fois par semaine, de 9 heures à midi, Yves accueille les résidents du foyer en leur offrant des instants d’écoute. « C’est pour moi une occasion agréable de rencontrer les résidents autour d’un thé, d’un café, ou encore d’un jus de fruit. Nous parlons de la pluie et du beau temps, c’est suffisant pour ne pas se sentir seul et constater que souvent les copains ont les mêmes soucis que nous ».

Il accompagne également les résidents à la compréhension de certains documents administratifs. « Dès l’instant où une personne nous confie un souci, une préoccupation, on s’efforce de résoudre la difficulté en l’orientant vers les professionnels compétents (CAF, CARSAT, médecins..) ».

Au foyer Adoma, on partage les difficultés, mais aussi de bons moments autour d’anecdotes de vie parfois surprenantes. Yves se souvient d’un résident bien rusé. «Il a commencé par vendre des journaux dans sa ville natale. Dans  la  matinée, il parcourait les restaurants pour vendre sa gazette. A 14 heures, il récupérait les journaux aux endroits où il les avait vendus, les repliait bien comme il fallait et les revendait une seconde fois l'après midi. Ca, c'est du commerce !»

Ce temps de permanence est, pour Yves, l’occasion de rencontrer des résidents avec des parcours de vies différents. Les résidents lui livrent volontiers leur histoire : «L'autre jour, l’un d’eux nous a parlé de sa vie passée le plus clair du temps en Algérie où il avait créé son entreprise. Puis il est venu en France, et s'est fait embaucher comme conducteur de camions  dans le BTP. Des gros "bahuts" multi-essieux pour transporter des tonnes de gravier. Il était heureux et il l'est toujours. Il prend sa retraite dans la région lyonnaise. Cela lui convient bien avec sa santé fragile, il est  tout près du cardio. Avec son sourire en coin, il a toujours le moral. Il appelle régulièrement ses quatre fils qui sont restés travailler près de Constantine.»

Et tous les jeudis, Yves en apprend un peu plus sur chacun. «Aujourd'hui, nous avons visité un monsieur  qui nous a raconté une partie de sa vie passée dans les Alpes françaises, près de Genève, avec sa femme et ses enfants. Ayant perdu son épouse, il est venu s'installer à Lyon. Il nous raconte qu'il est heureux d'avoir ses enfants au téléphone de temps à autre. Il est philosophe et sait que, désormais, avec son handicap, il ne peut plus prendre le train pour aller visiter les enfants dans le pays savoyard. Philosophe, calme mais aussi attentif et très déterminé, il veille à distance sur son petit dernier (17 ans) dont il  est vraiment soucieux. Il demande tous les carnets de notes, va rencontrer les profs du lycée et prend les décisions de concert avec les autorités. Il est vraiment concerné par l'avenir de son fils.»

Les résidents repèrent vite la présence d’Yves au sein de l’établissement. Lorsque la porte est ouverte, chacun vient, un à un, déposer un peu de ses difficultés, de son parcours, de ses envies et de ses projets. Par cet article, nous espérons faire découvrir nos moments de convivialité, de partage et de fraternité vécu au foyer Adoma de Villeurbanne.

Article écrit par Yves SIMONIN, bénévole petits frères des Pauvres, et Emilie BISSARDON, stagiaire assistante sociale.

 

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Portraits de bénévoles : Imane (10/12)

Histoire d'un bénévolat lumineux entre Imane Adimi, 23 ans, étudiante en licence de psychologie et Clémence*, 92 automnes - Ensemble, c'est tout

Imane ? Un p'tit air de Claudia Cardinale dans Le Guépard de Visconti, crinoline en moins, béret, caban marine en plus. Et cette beauté farouche, regard noir et chevelure d'ébène.

Le hasard qui fait bien les choses est à l'origine du bénévolat de cette gracieuse de 23 ans. Inscrite sur benevolat.fr, elle répond à une annonce de l'association. En parallèle, son professeur de gérontologie explique en cours : « que parler, sourire, demander conseil, donner de l'attention, augmente l'espérance de vie des personnes âgées qui se sentent valorisées. Cela m'a marqué, je ne pensais pas que l'on pouvait détenir un tel pouvoir. »

Clémence a préparé une collation. Atteinte de DMLA, elle se dit « punie par ce que j'aimais le plus, la lecture, ma passion, » précise cette ex infirmière en urologie à Ambroise Paré puis à l'hôpital Américain de Neuilly s/Seine, qui n'y voit quasiment plus. Imane gaie comme une bulle de Champagne, assure le service, raconte son projet avorté de voyage : « Billet trop onéreux pour mon accompagnatrice, va falloir que je trouve une autre solution. Béatrice de l'implantation 18e m'a proposé de participer à un séjour de vacances avec des personnes âgées. Je vais y penser ».

Pour la jeune fille, sa visite hebdomadaire est vitale, c'est un dialogue intergénérationnel

Imane explique les matières étudiées, psychologie cognitive, gérontologie, biologie, statistiques, anglais. Dit être tentée par la psychopathologie clinique en gériatrie ou psychiatrie. Toutes mes pistes pour trouver un stage échouent ». Pour la jeune fille, sa visite hebdomadaire est vitale, c'est un dialogue intergénérationnel qui prouve qu'il n'y a pas d'âge pour être proche. « On refait le monde autour d'un thé, on résume les événements marquants de nos quotidiens. Elle est de bon conseil, attachante. J'ai hâte de prendre des nouvelles de sa santé. Justement Clémence revient d'une semaine de vacances chez des amis à Deauville : « J'ai eu un malaise. Je crois qu'il s'agit d'un petit AVC, j'entends moins bien ». « Buvez chaud » suggère Imane qui dit s'être remise au sport à la fac, provoquant l'apaisement de Clémence.

« C'est un échange permanent avec une femme cultivée : c'est mieux qu'un livre d'histoire, elle m'apprend l'Egypte, les guerres mondiales, l'Inde, pays de son défunt mari, parle de son fils. La conversation à bâtons rompus permet à Clémence d'évoquer « l'omnibus à impériale Madeleine-Bastille : « Je montais sur le toit ». « Toute une époque, surenchérit Imane. Donner du temps aussi, de l'affection, de la tendresse. De l'importance, j'ai toujours ça à l'esprit. »

Catherine Bretécher.

*Le prénom a été changé.

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''Voisineuse voisinée''

Maman (Denise) au téléphone: “je ne reçois pas de courrier, la banque veut te voir, quelqu'un a appelé, quelqu'un va passer, on me demande un papier…” impossible d'en savoir plus. Que faire, que dire, quand on habite à 600 km de sa mère qui habite seule à Paris, à 85 ans, est malentendante et a la maladie d'Alzheimer ?

Sa maladie et son handicap rendent  la communication et la compréhension difficile. Je ne peux pas toujours évaluer s'il y a lieu de réagir rapidement et si c'est le cas, je ne peux pas toujours faire le nécessaire à distance.

Et toujours cette incertitude et aussi inquiétude: est-ce que le  chauffage, le téléphone, la télé fonctionnent bien ? A-t-elle vraiment égaré sa carte bancaire ou simplement oublié le code ? Même en essayant d'organiser le côté pratique au maximum  sur place, lorsque je suis à Paris, ou par téléphone, mails, lettre, il survient régulièrement un problème, pas forcément grave, mais que je ne peux régler ou même percevoir à distance.

Depuis décembre je voisine ‘virtuellement' ma mère sur Voisin-Age. Cela signifie que je suis en contact avec des voisineuses qui, elles,  voisinent  réellement Denise, l'appellent ou lui rendent visite. Je suis en contact avec elles sur Voisin-Age et nous nous informons réciproquement de la situation.

Caroline a accompagné Maman à la banque, la semaine prochaine, elle lui rendra visite. Comme il fait très froid, c'est vraiment rassurant de savoir que quelqu'un va passer, s'assurer que la température dans l'appartement  est suffisante et voir, par exemple,  si elle a des crevasses aux mains. Malgré le contact téléphonique régulier avec ma mère et mes séjours sur place, je ne peux pas être sûre de pouvoir bien évaluer son état mental et physique. Maintenant je suis  plus rassurée, sachant que les voisineuses m'informeront si elles remarquent quelque chose d'anormal ou inquiétant.  Moi de mon côté, je peux donner des informations utiles aidant à voisiner plus facilement.

On me demande souvent pourquoi ma mère ne va pas en maison de retraite, ce serait tellement plus simple et rassurant pour moi. Non, si vous la connaissiez, vous comprendriez tout de suite que Denise n'est pas faite pour la maison de retraite, et elle craint d'y être envoyée.  Voisin-Age nous aide à retarder cette dernière solution.

Laurence D.

En savoir plus : /nos-actions/voisin-age.html
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Rosemarie, bénévole à Chicago pendant 10 mois

A la suite d'un stage effectué à la Fraternité Paris Saint-Maur, Rosemarie est partie 10 mois à Chicago comme "volunteer" chez les petits frères locaux. Retour sur expérience.

J'étais déterminée à partir à l‘étranger après mes études de Conseillère en Economie Sociale et Familiale (travailleur social) mais je ne savais pas encore où. J'ai eu l'opportunité de faire mon stage de fin d'étude à Saint-Maur chez les petits frères des Pauvres. C'est ainsi que j'ai appris qu'il existait d'autres associations du groupe à l'étranger.

Après avoir échangé sur mes motivations avec la responsable des volontaires de Chicago, je décidais de me lancer dans l'aventure. J'allais devenir volontaire pour 10 mois à l'association Little Brothers Friends of the Elderly à Chicago. Fraîchement diplômée, j'achète mon billet d'avion pour Chicago.

A Windy city: très bon accueil ! Je vivais à l'association avec d'autres volontaires. Après quelques temps d'adaptation (notamment pour la langue), j'ai trouvé mon rythme. L'association a pour mission de vaincre l'isolement des personnes âgées. J'avais diverses missions. En effet, chaque mois, je visitais deux fois 25 personnes en situation d'isolement. Nous pouvions manger ensemble, aller au musée, se promener...

J'ai vécu une expérience très riche humainement et me suis attachée aux personnes que je visitais. Elles me racontaient leur vie, leurs angoisses, leurs joies. Chaque week-end, l'association organise des repas conviviaux. Je conduisais les personnes pour la fête et les raccompagnais chez elles. Pendant la semaine, l'association organise des ateliers (informatique, cinéma, café, arts...). J'étais responsable de l'animation de l'atelier cinéma du vendredi. C'était l'occasion de déjeuner ensemble et de regarder un film. L'association - mais aussi la ville - est rythmée par les fêtes : Halloween, Thanksgiving, Noël, la Saint-Valentin, la Saint-Patrick, Pâques). Autant de moments où l'on partage et l'on apprend à connaître son voisin de table.

Avant mon voyage, j'avais l'idée que Chicago était une ville froide, industrielle et peu accueillante. Fait-il vraiment froid ? Oui ! J'ai même eu l'occasion d'être présente pendant un blizzard (une grosse tempête de neige) qui a bloqué la ville pendant deux jours. Mais je peux vous rassurer en disant que l'été est plutôt chaud. Les gens sont-ils peu accueillants? Pas du tout, j'ai trouvé les personnes très amicales et ouvertes. J'ai été marquée par la ségrégation des «blancs» et des «noirs». Typiquement américain, les personnes vivent en communauté.

La ville est aussi chaleureuse et accueillante. Je m'y suis beaucoup plu. Je retiens la bonne humeur de mes collègues bénévoles, le froid et surtout le sourire des personnes que j'ai rencontrées. Je suis très heureuse d'avoir vécu cette riche expérience. J'espère pouvoir retourner à Chicago dans quelques années.

Rosemarie

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Monique Balloy, bénévole chez les petits frères des Pauvres à Mantes-la-Jolie

« Notre société est vieillissante, c'est une réalité qui n'est pas forcément triste même si cela rime parfois avec solitude !

Alors que les moyens de communication sont omniprésents dans notre vie, les personnes âgées peuvent se sentir seules et isolées. Malgré tous ces moyens technologiques, ce qui manque, c'est surtout l'humain : échanger un regard, une parole, un geste « en direct », cela compte beaucoup pour les personnes que nous accompagnons !

Etre bénévole chez les petits frères des Pauvres, c'est refuser l'individualisme dans lequel s'engage notre société de consommation, en donnant un peu de son temps pour aller à la rencontre de personnes âgées et isolées. Ce sont des rencontres qui se créent, des liens qui se tissent, des vies qui se rencontrent !  Beaucoup aiment raconter leurs vies, des choses parfois futiles, parfois importantes ou sérieuses qu'elles ont vécues mais tous ces moments sont précieux.
C'est parfois lourd, la vie n'est pas toujours rose, mais on rit aussi souvent : il n'y a rien de triste ni de misérabiliste dans notre démarche. Le bénévolat, c'est donner ... un peu, et surtout c'est recevoir ... beaucoup. »

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122 personnes âgées ou en précarité, ont fêté Noël au Chalet de la Porte Jaune

Samedi 25 décembre, 122 personnes âgées ou en précarité, ont fêté Noël au Chalet de la Porte Jaune sur une île du bois de Vincennes. Au programme, agapes, rires et chansons. J'ai partagé cette journée avec eux.

La synergie des Fraternités Paris Ouest et Paris Sud ont permis d'offrir à leurs vieux amis un repas festif dans une ambiance bon enfant. Une initiative solidaire très attendue chaque année qui doit beaucoup au dévouement des quelques 87 bénévoles présents, qui n'ont pas passé ce jour de fête en famille, par choix, mais avec les pauvres et les isolés qui survivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 900 euros par mois.

Niché dans un coin de verdure, un vaste chalet de bois blanc lové sur un îlot de charme abrite les hôtes qui arrivent en minibus, accompagnés à l'intérieur par une équipe de bénévoles retraités, actifs et étudiants, aux petits soins. L'organisation impeccable permet de ne pas patienter par un froid polaire. Délestés des manteaux, dirigés vers des tables de sept à dix convives, tous ont les yeux pétillants. «Ce n'est pas ma cabane au Canada, confie Renée*, 78 ans, mais ça y ressemble avec le lac, les arbres, les oies. Il manque les montagnes enneigées.» Berthe*, 82 ans, admire les joggeurs qui dérouillent leurs muscles, les barques vides qui gitent à la surface du miroir scintillant : « C'est beau ! » murmure-t-elle.

Après le saumon fumé à l'aneth, suivi de la souris d'agneau et avant d'entamer l'omelette norvégienne, les langues se délient, entraînées par l'orchestre qui réchauffe le cœur des invités. Fugain et sa romance d'aujourd'hui, Brassens et ses copains d'abord, Aznavour et son pays des merveilles font naître un soupir d'aise chez Bérangère*, 21 ans : «Timide ou extraverti, tout le monde trouve son bonheur ici », lance-t-elle, tandis que Sophie*, la quarantaine sportive, ajoute : « C'est très égoïste comme une drogue douce, je ne peux plus m'en passer, pourquoi n'ai-je pas fait ça plus tôt ? Il y a tous les âges, tous les handicaps, on n'a plus de complexe, c'est pour cela que je me sens bien. » Albertine*, 87 ans « avait sommeil en arrivant. L'ambiance, les autres, j'en oublie ma solitude abyssale ».

Tandis que Denise*, ex danseuse, exécute un madison sur les scoubidous de Sacha Distel, une farandole réunit soixante personnes en une longue chenille entre les tables avant de porter un toast au champagne. Anne-Marie Moriquand, présidente de la Frat' Ouest, « est détendue et loue la logistique impeccable. » Béatrice de Tressan, présidente de la Frat' Sud, souligne « les valeurs d'amitié et de fraternité qui nous rassemblent dans ce beau moment de partage multi générationnel ».
Ils se souviendront longtemps de leur Noël 2011. « On a passé un moment magique, résume Germaine*, 97 ans. Si je suis encore de ce monde, je reviendrai l'an prochain, j'aurai au moins terminé ma vie sur une belle impression de mes contemporains.»

Catherine Bretécher

*Les prénoms ont été changés.

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