Armand Marquiset naît le 29 septembre 1900 à Montguichet près de Paris.
II appartient à un milieu aristocratique et aisé. Armand fait des études classiques et, à 19 ans, il choisit d'étudier la musique pour devenir compositeur. Sa manière de vivre très intensément le place d'emblée comme un personnage hors du commun. Armand raconte qu'en 1929 il loue une villa assez formidable avec un très grand terrain à Honfleur (la côte normande est très à la mode). II y passe tous ses weeks-ends à faire la fête. Un jour, il y invite sa grand-mère pour l'épater. Celle-ci se tourne vers lui en disant : "Mais mon pauvre Armand, si tu continues comme ça, tu vas mourir dans la misère". Armand lui répond "Oui, mais au moins je mourrai heureux".
Armand vit pleinement son époque. II se rend aux Etats-Unis. II croise les gens du cinéma et les gloires d'Hollywood comme lsadora Duncan et Mary Pickford.
C'est plus tard que plusieurs événements vont venir bouleverser sa vie. Le plus important est, en 1930, la mort de sa grand-mère, Madame de Laumont. En mémoire de son seul fils tué durant la guerre 14-18, elle fonde une œuvre pour les parents dont les fils sont morts à la guerre et qui se retrouvent sans soutien et sans argent. Avec elle, il découvre progressivement ce qu'est la pauvreté et la détresse des autres.
Dans le même temps, il accomplit un parcours spirituel personnel qui va l'amener à s'interroger sur le sens de sa vie. Dans les années 1930, il interrompt ses activités musicales et décide de consacrer sa vie aux pauvres. II crée ou participe à la naissance d'un certain nombre d'œuvres. D'abord il s'intéresse à ceux qui sont de sa famille de culture : les artistes, les peintres ou les musiciens en difficulté. Pour eux, en 1931, il fonde "Pour que l'Esprit Vive". Puis il crée "les Amis de la Banlieue" pour s'occuper des enfants.
En juillet 1939, à Notre Dame de Paris, il conçoit le projet de créer une organisation qui lui permettra, et d'autres avec lui, de consacrer sa vie entièrement au service des pauvres : « soudain, écrit-il dans son livre De la Terre au Ciel, j'ai eu l'impression que les petits frères fondaient littéralement sur moi, qu'ils entraient en moi comme un ouragan… » La guerre arrive et son projet est repoussé.
C'est donc le 19 avril 1946 qu'il déclare à la préfecture de police de Paris, l'Association les petits frères des Pauvres.
Il ne se doute probablement pas encore du formidable élan qu'il va susciter et de l'aventure dans laquelle il va entraîner des milliers d'hommes et de femmes.
