Le collectif Alerte - dont les petits frères des Pauvres font partie –, a présenté sa plateforme présidentielle qui appelle les candidats à l'élection présidentielle à promouvoir une politique cohérente de solidarité et de lutte contre les inégalités dans un contexte d'aggravation de la pauvreté et de l'exclusion.
Notre pays traverse, comme d'autres grandes puissances, une crise économique profonde doublée d'une crise de la dette publique de grande ampleur. Aucun signe d'amélioration n'est aujourd'hui perceptible et les prévisions pour l'année 2012 ne sont guère encourageantes ; de plus, aucun indice de sortie de crise n'apparaît au delà de cette année. Dans ce contexte, les indicateurs sociaux, qui sont pratiquement tous « au rouge » devraient encore s'aggraver.
C'est ainsi que le chômage devrait confirmer la tendance haussière constatée ces derniers mois, avec une augmentation sensible des chômeurs de longue durée, des personnes en fin de droit. Il devrait en être de même pour les admissions au Revenu de solidarité active (RSA). Dans ce registre noir, il faut notamment évoquer l'augmentation du surendettement des ménages les plus pauvres, un accroissement des difficultés d'accès et de maintien dans le logement pour ces mêmes populations.
Chacun le sait, en période de crise, ce sont les plus vulnérables, les plus pauvres qui « trinquent » en premier et le plus fort. Si dans un premier temps, leurs ressources financières, si faibles, ne sont pas impactées, c'est leur capacité à croire que leur avenir peut s'améliorer qui est gravement remise en cause. Dans ces temps difficiles, la solidarité a tendance à s'effriter, le «chacun pour soi» prend le pas, laissant sur la route les plus vulnérables et rendant leur réinsertion sociale et professionnelle encore plus difficile.
L'État, garant du lien social au sein de notre société, ne peut accepter une telle situation. Il doit mobiliser notamment des ressources financières supplémentaires afin que les plus pauvres, les plus exclus ne sombrent pas dans la misère.
À la crise économique, à la crise des finances publiques, nous pouvons et devons éviter d'ajouter une crise de solidarité.
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Collectif Alerte | avril 2012
Les associations de solidarité du Collectif ALERTE animé par l'UNIOPSS veulent bâtir, avec les responsables politiques de demain, une espérance collective fondée sur les valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.
Elles veulent travailler avec les Pouvoirs publics à un « vivre ensemble » plus harmonieux. Elles demandent que les responsables politiques défendent les intérêts collectifs, sans opposer les catégories de population entre elles.
Il s'agit avant tout de « ré-humaniser » notre société, de revaloriser la dimension sociale, la considérer comme fondamentale, ce qui passe notamment par une revalorisation de la position des aidants, des soignants, des travailleurs sociaux.
Il faut « remettre de l'humain » dans notre société dominée par l'argent et la recherche d'un profit rapide.
Si le « vivre ensemble » ne se décrète pas, l'Etat dispose de moyens pour favoriser la rencontre entre les diverses catégories de la population.
En ce sens, par une nouvelle carte scolaire, il faut recréer de la mixité sociale dans nos écoles et collèges.Toutes les politiques publiques, et notamment les politiques sociales, doivent désormais être élaborées avec les personnes concernées.
Sans nier le rôle des associations qui les soutiennent, les personnes en situation de pauvreté, par exemple, doivent être associées par les pouvoirs publics et par l'ensemble de la société à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des politiques publiques, comme cela commence tout juste à se faire en matière d'hébergement et de logement.
Pour cela, ces personnes doivent être représentées dans les instances nationales et locales de concertation. Leur parole doit être véritablement prise en compte et non instrumentalisée.